On n'est pas sérieux quand on a 17 ans, le coup de foudre vous atteint en plein coeur , comme une chose évidente, l'évenement qui nous est dû depuis toujours.
On ne l'appelle pas coup de foudre, on ne le nomme pas. Il est sensation , chaleur sur les joues , palpitations légères au creux de la poitrine , vide dans les entrailles. Le corps retient son souffle, avance, pose ce regard, rien que pour lui , impatient d'être beau, anxieux de disparaitre comme il est apparu, avec tout ce mystère.
C'est si beau le mystère ! Si éphémère et violent de douceur, cet échange silencieux entre deux personnes.
L'un qui arrive , l'autre qui attendait.
Je rêve ma vie depuis l'enfance. Je voudrais m'aimer, être belle, calme, inaccesible, le genre de fille que l'on respecte, que l'on approche a la perfection, que l'on aime par dessu tout. Et par dessus tout , je voudrais que l'on m'aime.
Quand je rêve de cet amour la , je n'arrive pas a le nommer, a me dire un " type " , un " mec " , un " homme " , un " garçon ". Il n'a pas de nom celui qui se promene dans mon rêve. Il aura le sien, et je le trouverai beau.
Quand je rêve de cet amour la , l'image est précise, en couleur.
Je sens , je vibre, je vois tout les détails, l'image est parfaite.
Il y a deux chevaux, en haut d'une falaise. Nous sommes deux cavaliers qui contemplent le soleil couchant sur la mer , je vois des petites vagues s'égratiner au pieds de la falaise. Pas de bruit , un long silence. Lui & moi .
Lui , brun , les yeux verts , la peau dorée , ni trop blanche ni trop mate , les cheveux flottant sur la nuque et au ras des épaules. Il porte un jeans délavé et des bottes de cavalier , une chemise blanche ouverte sur la poitrine par trois ou quatre boutons.
Moi, je suis en robe blanche , toute simple , un petit décolté , la taille moulé , la jupe qui s'évase et des chaussures de tennis blanches.
Devant nous , le coucher de soleil . Nous nous tenons main dans la main, nous ne disons rien , nous ne faisons rien. juste le paysage.
Derriere nous , des chevaux libres broutent l'herbe fraiche. Nous allons galoper cote a cote.
Nous partageons la meme passion des chevaux et du silence de la nature.
Fantasme de mes 12 ans , rêve éveille !
Le mouvement n'est la que lorsque nous galopons , visage au vent. Il est dans la puissance des jambes des chevaux. Les chevaux vont ou ils veulent avec grace et élégance , la libèrté totale .
cette image , c'est impossible ! Ca n'existe pas ...Si je lui disais ce que je pense de moi. Que je m'éfforce de marcher la tete haute, d'avoir une allure , de me grandir , afin de montrer aux autres que je ne suis pas n'importe qui. Si je lui diasait que la plus belle chose au monde , c'est un cheval , sentir entre mes jambes la puissance du galop qui m'entraine. Il faut une attitude particulière a cheval. Je suis bien a cheval. Lointaine comme j'aime. Si je lui diasis que j'ai peur qu'on me touche, peur qu'on m'approche. Que je suis vierge, sage. Maigre par révolte, fière par exigence, possessive par besoin, reveuse par nécessité.
Si je lui disais que je n'aime de moi que l'idée que l'on m'aime ?
La vraie histoire est a moi. L'explication je la trouverai en moi , pas avec eux.